Projet pédagogique

Notre conception de la crèche

Chaque micro­-crèche doit offrir les conditions optimales permettant un développement global et harmonieux des enfants accueillis afin de répondre au mieux aux besoins suivants :

1. Le besoin de sécurité affective

L’enfant doit se sentir à l’aise, en confiance avec les adultes qui l’entourent dans les différents lieux de vie (activités, change…) tout en ayant des repères plus personnels (son lit, son casier,…).

2. Le besoin d’espace

L’enfant doit pouvoir jouer et se mouvoir librement et sans risques. Pour ce faire, les locaux sont aménagés en fonction des besoins. De plus, le contact de l’enfant avec son environnement est favorisé par des sorties quotidiennes en toutes saisons.

3. Le besoin d’autonomie

Tout enfant doit se sentir libre de choisir suivant ses affinités et ses goûts, ses jeux, ses activités et les autres enfants avec qui partager. L’enfant apprend progressivement à faire seul.

4. Le besoin de socialisation

L’enfant découvre la vie avec l’autre, les autres. L’apprentissage au début peut être maladroit mais peu à peu il s’approprie le langage. L’adulte devient médiateur de la communication tout en posant les règles et les limites.

Notre projet éducatif et pédagogique

L’accueil doit se faire dans le respect du bien-­être, de l’épanouissement de l’enfant, des parents et de l’équipe d’encadrement. L’équipe professionnelle doit respecter les besoins, les rythmes et les rituels de chacun, mettant en valeur la singularité de chaque famille, tout en promouvant l’éveil, la socialisation et l’autonomie de l’enfant. Le projet éducatif s’appuie aussi sur des règles dans les domaines de la sécurité, de l’alimentation, de l’hygiène…Son rôle est de pallier au mieux l’absence momentanée des parents, sans jamais s’y substituer, aussi bien au niveau éducatif qu’affectif.

 

Un accueil sécurisant :

1. L’adaptation

Les objectifs de l’adaptation :

  • connaître le mieux possible l’enfant et ses besoins,
  • accompagner et soutenir parents et enfant pour vivre au mieux la séparation,
  • aider l’enfant à investir le lieu et à s’intégrer au groupe,
  • répondre aux interrogations de chacun,
  • mieux appréhender d’éventuelles angoisses.

La micro-­crèche est un des premiers lieux où l’enfant et ses parents vont être séparés. C’est un endroit de transition, une passerelle entre la famille et la société. Au début de l’accueil d’un enfant, une période d’adaptation est nécessaire pour le bien-­être de l’enfant et des parents. Pour que cette séparation se fasse dans les meilleures conditions, il est indispensable de la parler et de l’envisager en présence de l’enfant. L’enfant et les parents se familiarisent avec cet univers nouveau avec le personnel et les autres enfants et s’y adaptent peu à peu. C’est une période d’expérimentation, chaque enfant est unique et réagit différemment. De ce fait, un accueil personnalisé est aménagé. L’intégration de l’enfant au sein de la structure se fera de manière progressive dans sa durée en fonction de la capacité de l’enfant à s’adapter et de la disponibilité de ses parents.

2. L’accueil journalier des enfants et des parents

L’accueil est un moment essentiel où chacun, parent comme enfant, doit pouvoir être accueilli individuellement. L’enfant se sent ainsi reconnu, existant, appartenant à un groupe mais comme sujet différencié. Pour les parents, c’est aussi l’occasion d’échanger, de faire part de leurs souhaits, de leurs angoisses possibles. Ils doivent pouvoir s’exprimer librement pour pouvoir laisser leur enfant sans crainte. Un parent confiant laisse un enfant  confiant.

Les transmissions conditionnent la qualité d’accueil et permettent d’assurer la continuité des soins et la prise en charge de l’enfant. C’est pourquoi, chaque jour, un membre de l’équipe se rend disponible pour accueillir l’enfant et la personne qui l’accompagne. Ils peuvent ainsi échanger sur le vécu de l’enfant hors de la structure.

Un cahier de transmissions est mis en place au sein de l’équipe afin de permettre une meilleure diffusion des informations. Dans ce cahier sont notées toutes les informations nécessaires à l’accompagnement de l’enfant au long de la journée et aux transmissions pour les parents le soir.

3. Les retrouvailles : le départ de la micro­-crèche

C’est un moment de transition où l’enfant retrouve ses parents et quitte son lieu de vie journalier. C’est un temps fort en émotions. Comme pour l’arrivée, c’est un moment d’échanges et de convivialité mais qui doit être limité dans sa durée. Le moment du départ est l’occasion de faire le point sur la journée passée par l’enfant, de raconter ce qu’il a pu faire en valorisant ses acquisitions, ses progrès.

Répondre aux besoins fondamentaux de l’enfant

La priorité de l’équipe est le bien être de l’enfant autant sur le plan physique que psychologique. Pour ce faire, nous devons répondre aux différents besoins de l’enfant pour qu’il puisse se sentir rassuré et sécurisé.

1. Les besoins affectifs

L’équipe a une attention soutenue, constante et partagée, centrée sur l’enfant. Celui-­ci doit pouvoir évoluer dans un climat de confiance et de sécurité.

Les professionnelles sont présentes comme repère. L’enfant peut avoir besoin d’elles pour se rassurer, se sentir en sécurité. L’équipe doit répondre aux demandes de l’enfant dans l’intérêt de ce dernier. Elle se doit néanmoins de garder une certaine distance affective, afin de ne pas enfermer l’enfant dans une relation qui pourrait être exclusive. Elle est là pour aider l’enfant à développer sa confiance en lui et à s’ouvrir vers l’extérieur.

L’enfant a besoin d’explications pour se responsabiliser au fur et à mesure qu’il grandit.

Les repères

La notion de temps est difficile à intégrer pour le jeune enfant. De ce fait, il a besoin de nombreux repères pour pouvoir se situer dans une journée : le temps du repas, celui de la sieste ou du goûter. Le rôle de la professionnelle en terme de verbalisation est primordial. Elle explique à l’enfant le déroulement de la journée et ce qui se passe pour l’aider à se repérer. Les professionnelles, elles-­mêmes, sont des repères importants pour l’enfant et pour sa famille. L’équipe est composée de personnel qualifié dont la richesse pluridisciplinaire permet une remise en question et une réflexion permanente sur les pratiques. Pour que l’enfant puisse évoluer dans une atmosphère sécurisante, la cohérence et la continuité au sein de l’équipe sont de rigueur.

L’objet transitionnel

Ce qui fait le « doudou » et le distingue parmi les autres peluches, c’est ce que l’enfant y projette lui­-même. Le doudou est un « objet transitionnel ». Il marque une étape dans le développement de l’enfant qui commence à se séparer de ses parents. En s’attachant à cet objet, il met en place une protection contre ses angoisses. Le « doudou » est sous contrôle de l’enfant (contrairement à sa maman ou son papa qui apparaissent et disparaissent à leur guise à eux). Ainsi a-­t il un effet calmant et rassurant. Il est propre à chaque enfant, c’est pour cela qu’il reste à sa disposition tout au long de la journée. En fonction de la capacité de l’enfant à s’en détacher, les professionnelles inviteront progressivement l’enfant à installer son « doudou » dans l’endroit prévu à cet effet. Ainsi, il sera plus libre pour jouer et évoluer dans la structure, tout en lui offrant la possibilité de le récupérer.

2. Les besoins physiologiques

La micro­-crèche a pour objectif de garder la souplesse et l’adaptation nécessaire à chaque enfant dans un lieu collectif.

L’équipe s’efforcera donc de s’adapter aux rythmes de chaque enfant et de respecter ses habitudes. C’est pourquoi l’organisation d’une journée se fait quotidiennement, en fonction des transmissions faites le matin par les familles.

Les repas

Dans l’établissement, le coin repas sera aménagé dans la pièce de vie. Les repas sont livrés en liaison chaude par un prestataire extérieur en respectant les règles d’hygiène et de sécurité.

Le déjeuner :

Le repas est un moment important, c’est un moment de plaisir, de convivialité, de détente, d’échanges et de découvertes de nouvelles saveurs, de nouvelles consistances.
L’équipe respecte l’enfant dans ses différents besoins et désirs : son goût, son appétit, son rythme et son besoin d’autonomie. Nous aiderons l’enfant à prendre conscience qu’il mange pour lui-­même et non pour satisfaire l’adulte.

Les tout-­petits seront nourris à la demande en respectant les habitudes familiales. Puis commencera la diversification alimentaire avec l’introduction de nouveaux aliments qui se fera en lien avec chaque famille. L’équipe favorisera l’autonomie de l’enfant, le passage progressif du biberon au verre, de l’alimentation liquide à solide.

Lorsque l’enfant commence à manger seul, la manipulation l’aide à découvrir ce qu’il mange. Nous l’encouragerons progressivement à se servir des couverts. Dans un premier temps, nous serons peut être amenés à proposer une cuillère à l’enfant et à en utiliser une autre pour l’aider à manger.

S’il est important de respecter les goûts de chacun, le rôle de l’équipe est de susciter cette envie de goûter et de gérer l’évolution de l’enfant, les goûts pouvant évoluer avec l’âge. Les professionnelles nomment à l’enfant les aliments qui lui sont proposés et l’encourage à goûter. L’enfant ne sera pas contraint, tout refus de manger sera respecté mais en essayant surtout d’en comprendre la raison.

Le repas est aussi un moment de socialisation, où l’on peut apprendre à dire s’il te plaît et merci, attendre son tour, écouter les autres, se laver les mains avant et après le repas. C’est aussi un moment d’apprentissage de la manipulation des couverts. Les enfants doivent avoir le temps de manger tout seul sans que le repas dure trop longtemps.

Le goûter :

Les bébés goûtent à la demande.

Les grands goûtent à 15h45 :

  • Le goûter ne doit pas être trop copieux pour permettre à l’enfant de dîner correctement chez lui quelques heures plus tard,
  • Il sera composé d’un fruit ou une compote accompagné d’un produit laitier et d’un produit céréalier.

C’est l’adulte qui a donné le goûter qui remplit le cahier de transmissions.

Diversification alimentaire : la micro-­crèche suit ce qui se passe à la maison. Début à la maison, introduction des aliments à la micro-­crèche en fonction de ce qui a déjà été proposé à la maison.

Le sommeil

Le sommeil est un besoin physiologique vital pour l’enfant. C’est un facteur important du développement de l’enfant, c’est au cours du sommeil que l’hypophyse sécrète une hormone, communément appelé hormone de croissance, qui comme son nom l’indique joue un rôle essentiel dans la croissance de l’enfant. S’endormir pour certains enfants est un moment parfois difficile à négocier et peut aussi être source d’angoisse ; s’endormir c’est s’abandonner, s’éloigner de l’adulte, de la lumière, du bruit.

L’équipe doit donc veiller à ce que chacun dorme suffisamment et puisse à tout moment se reposer en respectant dans la mesure du possible les rythmes et habitudes familiales. Pour se reposer, l’enfant retrouvera son « doudou », sa sucette ou tout autre objet qui le sécurise, cela lui permet au moment de s’endormir de se calmer, et d’apaiser seul ses tensions.

Afin que l’enfant retrouve un climat sécurisant, il dormira dans la mesure du possible dans le même lit, dans la même chambre et aura une turbulette personnelle. Le sommeil se fera sous l’oeil attentif de l’adulte, qui pourra apaiser, rassurer, consoler. Les enfants seront levés de façon progressive suivant leur réveil, ce qui permettra à chacun de se réveiller en douceur. Le lever se fait au fur et à mesure du réveil des enfants.

La connaissance du rythme de sommeil de chaque enfant permet de respecter ses besoins de repos. Si son sommeil est respecté, ce dernier peut alors pleinement profiter de ses périodes d’éveil. Les professionnelles respecteront le temps de sommeil nécessaire et ne réveilleront pas un enfant. Ainsi, l’équipe s’adapte aux rythmes de chaque enfant.

L’hygiène corporelle

A la crèche, nous devons être encore plus soucieux du respect des mesures d’hygiène afin d’éviter un bon nombre d’infections liées à la vie en collectivité. L’équipe aura auprès de l’enfant une démarche d’apprentissage de l’hygiène, dans le respect de son corps et de sa sécurité. Chaque enfant sera convié à différents moments de la journée à se laver les mains ou le visage, au lavabo ou à l’aide d’un gant de toilette. Ce besoin d’hygiène devra être un plaisir pour l’enfant, il prendra progressivement conscience du bien-­être de se sentir propre.

L’acquisition de la propreté se fait à un moment donné choisi par l’enfant. Elle s’inscrit dans la démarche de construction de la personnalité et notamment une bonne coordination motrice. Cet apprentissage fait appel au contrôle des sphincters qui ne peut se faire qu’à un certain stade de maturation du système nerveux de l’enfant.

La propreté est une acquisition progressive (progrès et régression) effectuée en douceur où l’enfant doit être accompagné, encouragé et se sentir en sécurité. Au même titre que les autres acquisitions, nous ne forcerons pas un enfant à devenir propre, mais le laisserons évoluer, grandir et manifester lui­-même le désir de de venir propre. Ceci après dialogue et en commun accord avec les parents afin d’assurer une continuité avec ce qui se passe à la maison. Les professionnelles ne prendront pas l’initiative de suggérer à l’enfant d’aller sur le pot ou les toilettes si ses parents ne le lui proposent pas à la maison. Ils sont les premiers éducateurs de leur enfant. L’équipe laisse donc aux parents l’exclusivité des premières fois et suit ensuite, si possible, ce qui se passe à la maison. Cependant, tout ne sera que proposition à l’enfant. Les professionnelles n’imposeront pas à l’enfant d’aller sur le pot ou les toilettes, mais le lui proposerons lors des changes. Nous respecterons ainsi le choix de l’enfant.

Privilégier l’autonomie de l’enfant

Il s’agit pour l’équipe :

  • d’être attentive aux initiatives de l’enfant,
  • de ne pas faire à sa place,
  • d’éviter d’intervenir dans l’activité de l’enfant,
  • d’éviter d’intervenir trop vite dans les conflits entre enfant.

Ainsi, nous favoriserons chez l’enfant son désir de grandir, de faire tout seul.

Privilégier son autonomie, c’est le laisser faire seul sans agir à sa place, en l’encourageant par la parole et en le félicitant.

L’équipe veillera à laisser du temps à l’enfant pour lui permettre de faire seul, et avec plaisir, le but n’est pas qu’il soit complètement autonome, mais qu’il apprenne au fur et à mesure et à son rythme à faire seul. Il osera donc explorer, découvrir, prendre des initiatives avec des professionnelles qui l’accompagnent et assurent sa sécurité.

1. Respect du développement psychomoteur

Nous mettrons en place autant que possible la motricité libre pour respecter le développement psychomoteur de l’enfant. L’enfant ne progresse pas dans tous les domaines en même temps, mais étape par étape. C’est pourquoi les  professionnelles s’adaptent en permanence au rythme de chacun et à son évolution. Elles encouragent et félicitent l’enfant au fur et à mesure de ses acquisitions. Ainsi, l’équipe ne mettra pas l’enfant dans une situation qu’il ne maîtrise pas de lui-­même, car il a besoin d’expérimenter et de mémoriser l’enchaînement des différents mouvements nécessaires à l’acquisition de telle ou telle position. Installer l’enfant dans une position qu’il n’a pas découvert seul peut être angoissant pour lui. Il ne sait pas comment il s’est retrouvé ainsi et de ce fait ne sait pas non plus comment en sortir. On lui enverrait comme message qu’il est dépendant de l’adulte. La motricité libre aide l’enfant à structurer sa personnalité, elle lui permet d’avoir une conscience globale de son corps et de ses limites. L’enfant éprouve alors une meilleure confiance en lui, il est à l’aise dans son corps et développe une grande autonomie. Les professionnelles favorisent donc la découverte et l’exploration de l’enfant. Elles le laissent aller librement jusqu’au bout de son apprentissage et n’interviennent qu’en cas de nécessité (sécurité).

2. La place du jeu

« Jouer, cette activité permanente du petit enfant, improductive aux yeux de certains, se confond dans les premières années avec le fait même de vivre. Au delà du plaisir, le jeu est ce qui lui permet de découvrir son propre corps, d’accéder à la prise de conscience du monde extérieur, d’accepter la séparation avec sa mère, de construire son identité propre ».

Afin de favoriser les échanges et les interactions, les enfants ont en jeux libres au cours de la journée. Les jeux sont à leur disposition, ils peuvent les sortir et les ranger à leur guise. Ils apprennent ainsi à se servir seul et à faire des choix. Le jeu libre laisse la place à l’enfant de découvrir, de faire ses propres expériences et d’aller à la rencontre de l’autre. Plus l’enfant découvre par lui­-même, plus ses expériences sont enrichissantes. La professionnelle observe, écoute et reste disponible pour accompagner l’enfant. En observant avec intérêt les enfants qui jouent librement, sans vouloir imposer ou exiger une règle, la professionnelle saura répondre à leurs besoins en se laissant guider par leur esprit créatif. L’observation de l’enfant permet également à l’équipe de proposer des activités ponctuelles et adaptées au développement de chacun.

Les capacités intellectuelles et motrices de l’enfant, son âge et son temps de concentration nous permettent en effet de mettre en place des activités qui leurs sont adaptées. Celles­ci développent chez l’enfant sa curiosité et ses différents sens.

On distingue trois dimensions :

  • le développement psychomoteur : par l’exercice, la motricité, la maîtrise du corps,
  •  le développement cognitif par la résolution d’une problématique,
  • le développement sensoriel par la vue, l’odorat, le goût, le toucher et l’ouïe.

Le jeu est avant tout une action libre et volontaire, une action dénuée de tout intérêt matériel et de toute utilité. S’il n’y a pas de plaisir, il n’y a pas de jeu.

Le jeu est un élément fondamental dans la structuration de l’enfant de la personnalité de l’enfant. Il lui permet de s’identifier à l’adulte, de dédramatiser des situations et de se confronter aux autres. Les jouets sont les accessoires du jeu, ils favorisent l’éveil et l’épanouissement de l’enfant. Chaque matin et lors des temps calmes, nous nous retrouvons enfants/professionnelles autour d’un temps de chansons ou de lecture consacré au plaisir de se retrouver.

Le personnel veillera à créer un espace spécifiquement réservé aux bébés ; outre la relation individuelle avec l’adulte et le portage, le personnel éducatif aidera le bébé à réussir ses essais par des gestes simples de sollicitations et d’encouragements. On favorisera toutes les positions par l’utilisation de matériel approprié :
dans le transat, sur le tapis d’éveil, sur le dos, afin de multiplier les sensations. Les hochets, portiques, tableaux d’éveil mis à dispositions stimulent la vue, le toucher et l’ouïe. A cet âge, l’enfant a besoin de manipuler, d’attraper, de marcher à 4 pattes. Le rôle des jouets sera de stimuler les sens et de répondre aux besoins de succion et de manipulation de l’enfant.
Quand il est réveillé, le bébé n’est jamais exclu de l’ambiance générale.

Les activités d’éveil :

Les activités qu’elles soient libres ou quelque peu dirigées, sont toujours proposées dans le respect du rythme de l’enfant, de ses capacités et de son envie ou non de participer. La durée est adaptée en fonction des réactions du groupe et de chaque enfant en particulier et de l’intérêt porté à l’activité par chaque enfant. L’adulte n’est pas là pour faire à la place de l’enfant. Il est présent pour l’accompagner, par le regard et la parole, dans ses nouvelles acquisitions. Ainsi, l’enfant est acteur de son propre développement.

Elle sont proposées essentiellement par l’éducatrice de jeunes enfants et organisées par l’ensemble de l’équipe. Ces activités concernent les enfants qui sont en âge de porter de l’intérêt pour une activité (sauf en ce qui concerne la musique, la motricité et les promenades). A la micro­crèche, tous les enfants évoluent ensemble dans la même salle de jeux et se retrouvent pour une même activité (comme l’éveil musical par exemple). Et à d’autres moments des groupes d’âges sont constitués pour réaliser des activités spécifiques. Des conteurs et des musiciens viennent à la rencontre des enfants.

Des ateliers animés par des professionnels permettent aux enfants qui le souhaitent de s’adonner aux joies de la musique. Les activités d’éveil proposées aux enfants de plus de 15 mois :

Ce critère de l’âge est fixé par le fait qu’on suppose qu’à 15 mois, l’enfant a dépassé le stade oral. Il n’a plus besoin de mettre systématiquement à la bouche des objets pour les découvrir et y trouver son plaisir. Ces activités sont élaborées et mises en place par l’éducatrice de jeunes enfants, en concertation avec l’équipe, en fonction de thèmes abordés. Tout en respectant les motivations et la concentration des enfants, le personnel d’encadrement leur apprend à terminer une activité commencée, à ranger le matériel utilisé. Les activités permettent à l’enfant de prendre conscience de sa propre personne et de découvrir les autres.

Il se développe au niveau moteur, sensoriel, langagier, affectif et intellectuel.

Favoriser la socialisation

1. Le langage

Alors même qu’il est dans le ventre de sa mère, l’enfant baigne dans le langage. Après sa naissance, il s’aperçoit vite que lorsqu’il crie sa mère ne tarde pas à arriver. Puis, progressivement, il va comprendre que les mots servent à communiquer avec son entourage. Il lui faudra plusieurs années pour parvenir à maîtriser le langage. Notre rôle est de faciliter cette acquisition tout en respectant le rythme de chaque enfant. Les adultes s’emploient à parler aux enfants dans un langage simple pour les plus jeunes puis de plus en plus élaboré. Des mots sont posés sur les gestes quotidiens mais aussi sur les émotions. Une grande écoute de ce que l’enfant a envie de dire stimule l’envie de s’exprimer. Des activités autour de la lecture (imagiers, livres, histoires), du chant, du graphisme développent les différentes formes de communication.

2. Vie affective et sécurité

L’estime de soi et le sentiment d’amour ont une place primordiale dans le développement de l’enfant. Cela lui donne la force d’aller se confronter au monde extérieur (apprendre à marcher, à explorer, à parler..) et lui permet de mieux gérer la

séparation et aide à mieux vivre avec les autres. La qualité de l’attention que l’on porte à l’enfant, le fait de le reconnaître comme un individu et de lui donner une place au sein du groupe est donc indispensable. Chaque adulte (sans se substituer aux parents) se doit donc de se montrer encourageant et gratifiant envers l’enfant, par le regard, la parole, un câlin, un geste rassurant ; grâce à la délicatesse de l’adulte, l’enfant se sentira aimé, en confiance et en sécurité. Il nous semble important de pouvoir y associer les familles, leurs talents, leur disponibilité.

3. Les règles et les limites

Au sein de la micro-­crèche, l’enfant établit des contacts avec des personnes autres que sa famille. C’est le début de la socialisation. L’équipe se doit aussi d’instaurer un cadre de vie. L’enfant est accueilli dans une collectivité impliquant des règles qu’il devra petit à petit intégrer. Celles-ci contribueront à établir chez lui un sentiment de sécurité.

Les interdits et les limites ont une valeur éducative et sont indispensables pour la construction de la personnalité de l’enfant. Ce dernier a besoin d’être confronté à la frustration pour l’aider à grandir. Le rôle des professionnelles est alors d’expliquer à l’enfant pourquoi il ne peut pas faire certaines choses et de mettre des mots sur ses actes.

Nous ne pouvons pas attendre de l’enfant accueilli à la micro-crèche qu’il comprenne le sens des règles à l’image de l’adulte car il n’en a ni les moyens cognitifs, ni affectifs. Sa conscience de l’autre n’étant pas encore élaborée, l’enfant est encore au stade dit « égocentrique ». Cependant, devenir autonome, c’est être capable d’intérioriser des règles, des limites et des interdits afin que l’enfant se réalise pleinement pour son devenir. En effet, cela sécurise l’enfant et lui permet de grandir. Il est important que ces limites soient définies de façon cohérentes par l’ensemble de l’équipe éducative. Elles peuvent être différentes de celles posées par les parents.

La relation avec les familles

Nous souhaitons que notre micro-­crèche soit un véritable lieu de soutien à la parentalité, de partage d’observations, d’informations et de relais. Les parents peuvent y trouver écoute, appui et conseils auprès des professionnelles. Il est impératif pour l’équipe de faire le lien au quotidien avec les parents, la maison et le lieu d’accueil. Le travail des professionnelles consiste à recueillir des informations concernant l’enfant à son arrivée. Ces dernières permettent à l’équipe d’adapter sa prise en charge à l’enfant et, si besoin, de comprendre certains de ses comportements.

Le soir, les parents peuvent également rencontrer un des membres de l’équipe encadrante afin de prendre connaissance du déroulement de la journée de leur enfant, et de ses éventuelles acquisitions ou difficultés. Le lien parent/enfant/équipe est ainsi établi et rassure l’enfant. Le rôle de l’équipe est de laisser aux parents la possibilité d’investir les lieux lors de l’accueil et du départ de l’enfant, et lors d’éventuelles réunions ou manifestations.

La participation des parents à la vie de la crèche leur donne l’occasion de voir leur enfant évoluer autrement que dans le cadre familial : accompagnement lors de sorties organisées, d’un pique-­nique, d’ateliers,…partage de moments festifs (fêtes de fin d’année, carnaval,…).

Des réunions d’échanges entre parents et professionnelles pourront être mises en place ponctuellement à l’initiative de l’équipe sur des thèmes variés tels que le développement psychomoteur, l’acquisition de la propreté,…

L’ouverture vers l’extérieur

1. Les sorties et les fêtes

Aller jouer dehors permet à l’enfant de se défouler et d’évacuer les « tensions éventuelles ».
Elles sont quotidiennes dans la mesure du possible en fonction de la météo et de la disponibilité de l’équipe par rapport à l’encadrement : au moins une sortie par jour pour chaque enfant (aire de jeux de plein air, marché, cour pour faire du vélo, promenade à poussette,…). Les promenades stimulent l’éveil de l’enfant par la découverte du monde extérieur.

Pour les plus grands, des sorties à l’extérieur sont régulièrement proposées (bibliothèque, piscine, balades en forêt). Aux beaux jours, les piques-niques font sortir les plus grands de la crèche et 3 à 4 fois par an, les réunions festives rassemblent les familles, les enfants et les professionnels.